S'installer ? - INFOS PRATIQUES POUR LE CHOIX D'UN LIEU D'EXERCICE
     

Questions préalables :

   Voulez-vous exercer la médecine en contact avec le patient ou préférez-vous une fonction de prévention, de recherche, de gestion, ... ?
   Pouvez-vous bénéficier d'une opportunité particulière pour vous installer : reprise de patientèle, partage de cabinet, ... ?
   Des raisons personnelles doivent-elles dicter votre préférence géographique : l'emploi de votre conjoint, la proximité de parents, ... ?

Pour le reste, voici quelques réflexions sur l'analyse à réaliser concernant le « marché de soins » potentiel (offre et consommation), lequel aura forcément un impact sur l'ampleur et les caractéristiques de votre patientèle. Un cheminement relatif à votre « projet de vie » sera aussi indispensable (cf. plus bas).


ANALYSE DU MARCHE

Il existe différents fonds d'impulsion qui facilitent votre installation dans des zones recommandées. Consultez à ce sujet : http://www.inami.fgov.be/care/fr/doctors/specific-information/impulseo/


Une analyse de marché doit se limiter géographiquement à une cité urbaine, à un ensemble de communes limitrophes ou à un arrondissement.


Pour les fonctions de soins aux patients, examinez les statistiques de concurrence potentielle :

 

» La densité de généralistes par commune, quartier, arrondissement (ou son inverse : la « patientèle potentielle moyenne »).
» La densité de spécialistes par arrondissement (ou son inverse : la « patientèle potentielle moyenne »).
» La proportion de jeunes diplômés récemment établis.
» La proportion de médecins en fin de carrière ; ce facteur devient crucial, car les larges promotions diplômées au cours des années 1970-80 commencent déjà à diminuer leur activité et prennent leur retraite entre 2010 et 2030.
» La densité de praticiens exerçant une spécialité pouvant concurrencer la vôtre.


Pour plusieurs de ces indicateurs, des cartes et des statistiques globales existent sur ce site ; elles sont les seules en Belgique à ne prendre en compte que les activités dites « curatives », hors fonctions de gestion, de recherche, etc. (voir à ce sujet la page « Méthodologie » sur ce site). Pour plus de détails, des statistiques peuvent être consultées en nos locaux. Reportez-vous à la page "Démographie médicale - Statistiques d'offre médicale" pour connaître nos heures d'ouverture

Les statistiques d'offre médicale renseignent sur le nombre et la nature des activités médicales d'une région, d'une commune ou d'un quartier déterminé. Ces chiffres doivent être confrontés à la situation sur le terrain, car celle-ci est en perpétuelle évolution.


Il faut aussi tenir compte des spécificités locales : consommation de soins, état de santé, environnement sanitaire et caractéristiques du tissu socio-démographique.

 

» La consommation de soins et la production par praticien :


Les indicateurs précités, notamment la patientèle potentielle (habitants/médecin curatif) d'une région, constituent seulement des points de référence ; ils doivent être complétés par une appréciation de la demande de soins.
Celle-ci varie d'une région à l'autre. Il n'y a donc pas de règle absolue pour déterminer le nombre souhaitable d'habitants et pouvoir qualifier une pratique de « rentable ».
Pour estimer le niveau de demande, les statistiques fines font défaut ; il faudra se rabattre sur le bouche à oreille (le pharmacien, les confrères déjà installés, les services à domicile, un délégué pharmaceutique, un édile communal, ...).


Des informations d'ordre général existent :


En médecine générale


 

Les contacts des patients (a) avec les généralistes (4,55 en 2008) ont diminué depuis 1995 : globalement de moins 16% par assuré du Régime général ; notamment, les visites à domicile ont littéralement fondu : moins 42% par assuré (c) !

L'Enquête de Santé par interview {b} n'a pas confirmé ce recul, le nombre moyen de contacts restant très stable de 1997 à 2008 (4,5 contacts annuels), à part une poussée en 2001 (5,3) ; ces résultats extrapolent des données collectées sur deux mois. Cependant, après standardisation pour l'âge et le sexe, une baisse progressive s'observe en Flandre et en Wallonie, alors que la moyenne demeure stable à Bruxelles.

Au vu de la chute enregistrée par l'assurance soins de santé à la fin des années '90, l'UCL a estimé les « besoins » en généralistes (en termes de nombre global de médecins nécessaires) : si la chute perdure, ces « besoins » pourraient globalement diminuer à l'avenir, malgré le vieillissement de la population, lequel pouvait atténuer l'ampleur de la baisse (d).

Cependant, l'UCL soulignait aussi d'autres facteurs : a) la population continue à croître b) les retraites attendues parmi les médecins entre 2015 et 2025 seront très importantes (issues des promotions pléthoriques des années 75-85) et c) l'impact du numerus clausus sera plus sensible du côté francophone (40% des entrées, contre 50% des sorties). Aussi les possibilités de carrière auraient, malgré tout, pu rester favorables dans le secteur. Bémol : l'ouverture complète d'accès aux études a compliqué la donne :

- Si les quota d'accès à l'entrée à la profession sont maintenus à leur niveau actuel, de très nombreux diplômés n'auront pas accès à un n° INAMI au terme de leurs études ! 


- Par contre, le verrou à l'entrée dans la profession pourrait être éliminé, car une pénurie croissante sera ressentie vers les années 2015-25 en raison des départs à la retraite non compensés. Ce serait certes un réel soulagement pour les étudiants en fin d'études ; mais la spirale infernale serait à nouveau en route, vu l'afflux prévisible de jeunes médecins (consécutif à l'engouement pour les études de médecine depuis 2005) ; si, comme par le passé, les politiques se basent sur les perceptions du moment au lieu d'anticiper les évolutions, on risquerait de créer ainsi les conditions d'une nouvelle pléthore !


Selon l'Enquête de Santé par interview {b}, le taux de recours en médecine générale est significativement moins élevé à Bruxelles : 3,9 contacts annuels en 2008, versus 4,5 en Wallonie et 4,7 en Flandre ; aucune différence significative n'est observée sur base du taux d'urbanisation de la commune de résidence {b}.
  Les recours croissent très nettement avec l'âge : de 2,3 jusqu'à 14 ans à 11,1 au-delà de 75 ans (différences très significatives, même en tenant compte de l'état de santé) {b}.
  Le recours au généraliste concerne plus volontiers la population féminine (5,2 en 2008) que masculine (3,9) {b}. Ces différences demeurent significatives après standardisation pour le sexe .
  La corrélation entre le statut socio-économique et le nombre de contacts ou la nature des plaintes est clairement établie par l'enquête de Santé {b}.
  Quant au pourcentage de personnes ayant un médecin généraliste attitré, il a baissé entre 2004 et 2008 même si cette tendance ne s'observe qu'à Bruxelles et en Wallonie {b}.

(a) Y compris avis, visites à un patient hospitalisé, assistance médicale en ambulance et toutes les visites (y compris majorées).

{b} Enquête de santé par interview de l'Institut de Santé publique (2008) : http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/crospfr/hisfr/his08fr/r3/3_contactsmedecingeneraliste_gp_report3_fr.pdf

(c) Source : INAMI in Info-Santé : http://www.sesa.ucl.ac.be/SesaWeb/ArisPhp3/index.htm. Voir page du menu principal.

(d) Deliège D et Lorant V, Offre et besoins en médecins. Projections pour les Communautés française et germanophone de Belgique, Bruxelles, Revue belge de Sécurité sociale , 2003, 4 : 1117-1164, http://www.sesa.ucl.ac.be/SesaWeb/publications/pub.htm


Pour les spécialistes (contacts ambulatoires) :


 

  Le recours au spécialiste est en croissance : de 2,2 à 2,5 contacts annuels par assuré du Régime général entre 1995 et 2008, soit plus 14% (c) ; si cette tendance perdure, les « besoins » en spécialistes (en termes de nombre global de médecins nécessaires pour répondre à la demande) pourraient augmenter de quelque 30 % entre 2000 et 2020 (estimation SESA, « toutes choses étant égales », c.-à-d. hors impact du numerus clausus, et d'éventuels changements de législation) (d). Comme indiqué plus haut, les perspectives de carrière dépendent fortement des décisions en matière de numerus clausus : pénurie possible si les quota ne sont pas élargis (mais nettement moindre qu'en médecine générale), pléthore probable si les vannes sont totalement ouvertes.

  L'enquête de santé par interview (e) a d'abord confirmé cette augmentation, du moins entre 1997 et 2001 : en moyenne de 2.0 à 2.3 contacts avec un médecin spécialiste (extrapolation sur base de données relatives à 2 mois) ; par contre, elle enregistre une diminution en 2008 (2,1) ; ces différences sont significatives après standardisation pour l'âge et le sexe.

  Le nombre moyen de contacts avec un médecin spécialiste est significativement plus élevé chez les femmes (2,4) que chez les hommes (1,9).

  Le recours au spécialiste est plus élevé à Bruxelles (3,0) que dans le reste du pays (1,9 en Flandre, 2,2 en Wallonie) {e}.

  Le pourcentage de contacts pour un nouveau problème de santé est relativement similaire sur l'ensemble du territoire (25% à Bruxelles, 29% en Région flamande, 29% en Région wallonne) ; par contre, le recours sans plainte ou problème de santé est moindre en Flandre (3%), comparé à 7% en Région bruxelloise et 9% en Wallonie {e}.

  En 2008, le pourcentage de patients référés par un généraliste (nouveaux contacts avec le médecin spécialiste) s'élève à 35,3 %. Cette mesure est semblable à celle effectuée en 1997 (35,7 %). Dans le même temps, on observe que les nouveaux contacts avec un spécialiste pris à l'initiative d'un autre spécialiste ont augmenté (de 4,3 % en 1997 à 9,9 % en 2008) et que ceux pris à l'initiative du patient lui-même ont baissé (respectivement 53,4 % en 1997 et 49,3 % en 2008) {e}.

  L'absence de consultations (tous motifs confondus) est plus marquée à Bruxelles (11%) que dans les grandes villes de Flandre (7,4%) ou de Wallonie (3,4%). Des raisons d'ordre financier ont souvent empêché la consultation d'un spécialiste alors qu'elle s'imposait ; l'empêchement pour ce seul motif est particulièrement élevé 46% en Région bruxelloise (46%), puis en Région wallonne 37% ; si la Région flamande en souffre moins, elle accuse quand même encore un taux de 30% {e}.

{e} Enquête de santé par interview de l'Institut de Santé publique (2008) : http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/crospfr/hisfr/his08fr/r3/4_contactsmedecinspecialiste_sp_report3_fr.pdf


Recours aux prestataires de thérapies non conventionnelles  :


 

  L'Enquête de Santé par interview 2008 rapporte une baisse de la consultation d'un homéopathe entre 2001 et 2008 (respectivement : 5,9% et 4,0%) mais une hausse de celle d'un ostéopathe (respectivement : 3,9% et 6,4 %). Chiropraxie et Acupuncture n'atteignent pas 2% de la population ayant recours aux thérapies non conventionnelles en 2008 {f}.

{f} Enquête de santé par interview de l'Institut de Santé publique (2008) : http://www.wiv-isp.be/epidemio/epifr/CROSPFR/HISFR/his08fr/r3/SUMMARY_rapport%20III_FR.pdf

L'état de santé :

  Les « besoins » peuvent aussi s'apprécier eu égard à l'état de santé et ce via de nombreux indicateurs (santé subjective, santé mentale, affections chroniques, alitement, handicap, limitations pour activités quotidiennes, ...). Sans entrer dans les détails de l'Enquête, les principaux résultats font déjà état de différences observées entre les trois Régions du pays {g}.

{g} Enquête de santé par interview de l'Institut de Santé publique (2008) : https://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/crospfr/hisfr/his08fr/resultats_principaux.pdf

L'environnement sanitaire :

Infrastructures hospitalières de la zone étudiée :
Ces données (lits & services médico-techniques), peuvent être consultées via "InfoSanté" (reportez-vous à la page du menu principal).
Possibilité de référence : offre large ou restreinte de spécialistes à proximité (statistiques au niveau local disponibles en nos locaux).

Le tissu local :

Caractéristiques de population : taux de croissance, densité de population au km², % de personnes âgées et de jeunes enfants, ... (statistiques disponibles en nos locaux).
Revenus moyens : vous trouverez sur le site web de la Politique scientifique fédérale une carte des revenus fiscaux : http://www.belspo.be/.
Dominance économique de type urbain, rural, industriel, commercial, résidentiel ou agricole ; à cet égard, consultez : http://www.belspo.be/belspo/home/publ/pub_ostc/recens/fr013.pdf
En zone rurale, repérer les pôles de rassemblement, les centres de communication, ainsi que les grands axes de circulation.
Dans un quartier en développement ou un lotissement en construction, l'évolution peut être prometteuse, mais la population y est souvent jeune et donc moins consommatrice de soins ; par conséquent, une population plus nombreuse sera nécessaire au début pour obtenir une patientèle satisfaisante.


PROJET DE VIE ET CARRIERE PROFESSIONNELLE


Quel type de carrière souhaitez-vous ? Si vous optez pour la médecine de soins, quel type de pratique privilégiez-vous ? De tels choix sont très personnels et nécessitent un accord de couple. Nous ne pouvons qu'établir une « check-list » des points à considérer.

D'un point de vue matériel :

Capacité financière pour subvenir au coût d'investissement professionnel et part réservée aux besoins privés.
Choix d'un paiement à l'acte ou au forfait.

Etat de santé physique et mental :

Capacité de résistance au stress.
Niveau de fatigue admissible (horaires exigeants, surcharge due à une large patientèle, ampleur des gardes).

Statut professionnel et fonctionnalités :

Statut indépendant ou salarié.
Envie de remplir une mission sociale.
Type de patientèle souhaité (aisée ou modeste, uni ou multi-culturelle).
Préférence pour un mode de travail : en cabinet solo ou groupé,
en maison médicale ou toute forme de collaboration médicale.
Disponibilité d'un secrétariat centralisé.
Partage d'un service de garde organisé.

D'un point de vue privé (et familial) :

Pratique d'une langue étrangère : atout d'intégration dans une communauté.
Cadre de vie (identité sociale, proximité de services, organisation du temps libre).

Capacité d'insertion :
dans un nouveau milieu social,
dans un nouvel environnement géographique ou économique.

Equilibre entre la vie privée (familiale) et les contraintes professionnelles.
Attentes et disponibilité du conjoint.